Partager l'article ! Discours de Jean-Charles NEGRE, à l'occasion de la 6ème édition « Rencontre des femmes du Monde en Seine-Saint-Denis »: Dis ...
Discours de
Jean-Charles NEGRE, Vice-président
Lundi 22 novembre 2010
6ème édition « Rencontre des femmes du Monde en SSD »
Observatoire des violences faites aux femmes
Madame la Député honoraire
Madame la Conseillère régionale, présidente du Centre Hubertine Auclert, centre francilien de ressources pour l’égalité femmes-hommes
Mesdames et Messieurs les élu(e)s
Mesdames les responsables d’association féministes
Mesdames, messieurs,
Les échanges de cette matinée se sont déroulés sur la connaissance de la nouvelle loi et les moyens de sa mise en œuvre, ce qui est une priorité du moment.
Je souhaiterais y revenir quelques instants pour mieux appréhender les deux questions qui feront l'objet de nos débats cet après- midi à savoir : le viol conjugal et le mariage forcé.
Cette loi a été le fruit d'importantes mobilisations où se sont construits convergences, travail commun, rassemblement dans l'action des associations féministes, d'élus et de personnes qualifiées.
C'est cette construction partagée que portaient Marie-George Buffet, Martine Billard et Huguette Bello, députées en déposant et défendant ce texte.
Mais c'est également cette mise en commun qui a permis de le faire aboutir et d'en faire une loi.
Mon propos n'est pas de faire l'historique de ce mouvement, mais de mettre en lumière un enseignement qui garde à mes yeux toute son actualité.
Rendre cette loi pleinement effective appelle la même volonté de mise en commun pour générer une dynamique semblable à celle qui a permis de l’adopter.
Il en est ainsi, car l'objet de nos travaux, de nos actions est de mettre en évidence que les violences masculines à l'encontre des femmes ne relèvent pas d'une situation privée mais constituent bien l'expression la plus brutale de l'inégalité existant dans notre société.
Si la nouvelle loi présente une avancé importante en la matière, la nature des comportements, des systèmes de pensée, des fonctionnements auxquels nous nous heurtons appellent plus que jamais le partage des savoirs et des expériences pour accomplir de nouveaux progrès.
Nos rencontres « Femme du monde en Seine-Saint-Denis » sont donc, à mes yeux particulièrement importantes car elles participent en quelque sorte à la construction de ce « tous ensemble » professionnels, féministes, élus, dont nous avons tous besoin. Cette démarche de large partenariat est la marque de fabrique de l'observatoire, elle a permis de gagner en pertinence, en qualité et a rendu possible des initiatives qui semblaient parfois inatteignables.
Aussi je voudrais profiter de l'occasion qui m'est faite pour remercier très sincèrement tous ceux qui s'y sont engagés.
Disant cela, je ne m'éloigne pas de l'objet de nos travaux de cet après- midi.
Je voudrais bien sûr souligner dans ce travail collectif, le rôle et l'apport de notre observatoire avec notamment dès 2006 le protocole sur les mariages, forcés en Seine-Saint-Denis, protocole réactualisé en 2008.
Ces actions ont fait la démonstration de leur utilité pour aider les jeunes femmes prisent dans cet étau.
Aujourd'hui, il nous faut développer, étendre les actions pour, leur permettre d’échapper réellement aux mariages forcés :
- Se saisir de l'ordonnance de protection appliquée aux jeunes majeurs pour franchir une nouvelle étape,
- Faire connaître la loi à l'ensemble des professionnels et associations intervenants dans ces situations,
- Mais aussi aux jeunes femmes, aux parents, pour faire respecter, protéger et faire cesser ces violences.
C'est l'enjeu de notre rencontre d'aujourd’hui, mais également de celles à venir dans les villes et les quartiers.
Reste la question de l'hébergement, de la mise en sécurité.
C'est un objectif, qui je le souhaite, doit être atteint le plus rapidement possible.
C’est en tout cas la feuille de route que je me suis fixé avec l'observatoire et pour laquelle Ernestine Ronai ne ménage pas ses efforts.
Concernant le viol conjugal, la loi d’avril 2006 a fait entrer cette agression dans le code pénal.
Là aussi, nous sommes face à un grand chantier du respect de l'intégrité de la personne.
Bien trop d’hommes et de femmes sont persuadés que beaucoup de choses sont permises, dans un couple y compris le viol au nom du devoir conjugal…
La notion de devoir comme nécessité s'imposant à l’ individu est ici utilisé pour imposer une soumission, justifier, masquer ce qui est un viol.
C'est également un moyen pour réduire la victime au silence.
Il n’y a pas de devoir conjugal, Il y a des relations sexuelles librement consenties dans le respect mutuel. La femme ayant la liberté de disposer de son corps.
Je voudrais à ce sujet, souligner l'importance du film réalisé par le collectif féministe contre le viol, comme outil de sensibilisation, de réflexion pour prendre la mesure du problème, le sortir de l'invisibilité et travailler les moyens d'y mettre un terme .
Là encore, la bataille, aussi déterminé que permanente pour faire progresser les consciences et les cultures est primordiales !
J'ai par ailleurs été informé du communiqué « viol la honte doit changer de camp ». Je veux vous dire tout mon soutien à ce texte.
Je voudrais également remercier le docteur Emmanuelle Piet qui œuvre dans notre département depuis de nombreuses années contre les violences faites aux femmes et pour la planification familiale, comme responsable de ce service départemental.
Remercier, les services du département notamment toute l'équipe de l'observatoire et les services de la DPAS, avec qui je travaille et dont l'engagement dépasse leurs obligations professionnelles.
Émettre le souhait que cette rencontre soit la plus riche possible, qu'elle devienne le bien commun du plus grand nombre et qu’elle nous permette d’agir et de faire bouger les réalités.
Enfin pour conclure permettez-moi une réflexion.
En 2002, Robert Clément alors Président du Conseil général faisait approuver la création de notre observatoire.
Depuis l'expérience a démontré que loin d’être stigmatisant ses travaux ont permis à notre département d'être innovant.
L'observatoire a contribué à des évolutions notables, il est devenu une des références nationales.
Je me félicite que notre Président Claude Bartolone en ouvrant les travaux de cette journée ait, une nouvelle fois, confirmé sa volonté de poursuivre ce choix et vous pouvez être assuré de ma détermination politique d’être avec vous pour mener ce combat
Mais je voudrais vous dire également combien vos apports à ces rencontres ont participé de ce mouvement.
Aussi je vous remercie toutes et tous professionnels et associatifs de votre participation et vous souhaite encore une fois un excellent travail.
Merci de votre attention